RETRAITES


Réforme des retraites : le Gouvernement s'obstine

Adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale et suspendue mi-mars en raison de la pandémie, la réforme des retraites refait surface. Le Gouvernement s'apprête à poursuivre la réforme des retraites, suspendue à la mi-mars en raison de la crise sanitaire et adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale en dépit de forte mobilisation sociale.

Dans un courrier adressé au président du COR (Conseil d'orientation des retraites), le Premier ministre Jean Castex confirme que l’objectif d’une réforme systémique, destinée à mettre en place « un régime universel » est à l’agenda du nouveau Gouvernement. Il vient d'ailleurs de commander aux experts du COR un nouveau rapport en vue de poursuivre la réforme. Dans ce contexte de crise sanitaire et économique, ce rapport est lourd de menaces pour notre système de retraite par répartition.

De fait, le Premier ministre invite les experts à revoir leurs projections concernant la productivité du travail, à intégrer les augmentations récentes accordées aux fonctionnaires hospitaliers et à se baser sur les dernières prévisions de croissance du Gouvernement.

Ce rapport risque donc fort de ressembler en pire au précédent : recul de l’âge de départ, baisse du pouvoir d’achat relatif des retraités par rapport aux actifs…


Réforme des retraites : un préalable, l’abandon de la réforme à points !

Après avoir laissé entendre que la réforme des retraites rejetée massivement par les Français serait « suspendue » et rangée dans un carton, Emmanuel Macron vient de confirmer qu’il n’en est rien et qu’il mènera jusqu’au bout son projet. Contrairement à ce que laisse entendre une communication trompeuse, Laurent Pietraszewski – le monsieur retraite du gouvernement – « prépare et met en oeuvre la réforme des retraites, en lien avec les ministres intéressés », comme le stipule très clairement l’article 1 du décret du 19 mai 2020 qui le nomme secrétaire d’État. Tout laisse donc à penser que ce gouvernement – embourbé dans un des plus longs conflits qu’a connu la France depuis l’après-guerre – surfe sur l’opportunité de la crise sanitaire pour changer de stratégie afin d’éviter un nouvel affrontement.

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La justice, c’est de retirer le projet !

Ni juste, ni simple : voilà ce que dit la CGT depuis plus de deux ans. Les ministres eux-mêmes sont à court d’arguments pour convaincre, incapables d’expliquer ce que signifie une carrière complète. Ce que nous avons en revanche tous compris, c’est que cette réforme est d’abord budgétaire et veut nous contraindre à travailler au moins jusqu’à 65 ans, que cet âge soit appelé « pivot » ou « d’équilibre ».

Même le Conseil d’État confirme les arguments de la CGT sur de nombreux points. Le gouvernement veut donc demander au Parlement de voter une loi à plusieurs inconnues (pénibilité, âge de départ, montant des pensions, valeur du point…).

La CGT porte un autre projet, celui d’une société solidaire. Nous pensons que notre système actuel peut être amélioré pour mieux correspondre aux défis et aux réalités de temps. Il doit corriger les inégalités dont sont principalement victimes les femmes et les jeunes durant leur vie active. Ainsi, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes est une urgence absolue. Elle permettrait de réduire les écarts de pension. Il est également urgent de prendre en compte les années d’études.

Si le gouvernement peine à trouver des ressources pour financer ces solidarités, voici quelques suggestions : augmenter les salaires pour une plus grande rentrée de cotisations sociales, revoir les exonérations de cotisations patronales notamment pour les grands groupes, taxer les produits financiers, etc.


Retraites : communiqué de l’Association des maires de France qui exprime ses inquiétudes

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L'AMF exprime ses plus vives inquiétudes sur le projet de loi portant la réforme des retraites. Réunis ce jour en Bureau, les élus de l’AMF ont déploré de ne pas avoir été associés à la concertation conduite par le gouvernement depuis deux ans et demandent instamment à participer à la conférence de financement, dans le cadre de la coordination des employeurs publics territoriaux. Parce qu’ils salarient plus d’1,8 million d’agents publics, les 35 000 employeurs publics locaux ne peuvent accepter que leur représentation dans la future gouvernance se résume à une présence symbolique. La réforme proposée pose donc de nombreuses interrogations aux employeurs publics locaux. [lire la suite en cliquant l'image]






Analyses de la CGT sur le projet de loi Macron

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CNRACL : notre caisse de retraite, on y tient !

Le gouvernement s’apprête à lancer une réforme des retraites visant à remettre en cause les fondamentaux de nos régimes de retraite… Le même gouvernement porte des coups graves contre notre CNRACL… Il est indispensable de maintenir les mobilisations pour conserver un régime de retraite par répartition à prestation définies…  C’est vrai pour les actives et les actifs, mais aussi pour les retraité.e.s… Notamment pour le fonds d’action sociale… Alors, dans l’action et la mobilisation  !


L’allocution du Premier ministre confirme et aggrave les propositions contenues dans le rapport Delevoye.

La CGT constate que le gouvernement reste sourd aux exigences exprimées par les millions de salariés, jeunes, retraités, privés d’emploi, mobilisés massivement depuis des semaines et soutenus majoritairement par l’opinion publique. C’est le choix du sacrifice de la jeunesse de notre pays qui est assumé par le gouvernement.
Le gouvernement non content de faire une réforme systémique annonce une modification des paramètres de départ en retraite dès l’année prochaine entrainant le recul de celui-ci. Ainsi, toutes les classes d’âge et toutes les professions du public et du privé sont concernées par les mesures annoncées par le Premier ministre. Le gouvernement tente la division des salariés, y compris dans la même entreprise et la même profession.
Le gouvernement ne remet pas en cause le blocage des 3 leviers de financement que sont : les 14% du PIB consacré au financement, le plafonnement à 120 000 euros annuel des salaires soumis à cotisation et l’augmentation des recettes indispensables à l’amélioration du système actuel.
Cela dans un contexte où 6 millions de retraitables sont attendus d’ici 2042. Il apparait donc clairement que la variable d’ajustement serait la valeur du point et donc la baisse du niveau des pensions.
Par ailleurs, le gouvernement décide d’une réforme et confie aux « partenaires sociaux » le soin de sa mise en œuvre et d’en gérer les conséquences pour l’ensemble de la population, sous le contrôle des orientations budgétaires du gouvernement. Dès lors, ressurgissent les méthodes anti-démocratiques avec la volonté de vouloir passer par ordonnances et décrets des arbitrages essentiels pour l’avenir de nos retraites.
Le gouvernement maintient le cap sur la suppression des 42 régimes spéciaux et particuliers tout en précisant que certains secteurs bénéficieraient d’un traitement particulier. Cette mesure est aussi une négation de la reconnaissance de la  pénibilité au travail. La CGT revendique la prise en compte de la pénibilité du travail par des départs anticipés avant 60 ans pour les salariés du privé comme du public.   
Avec ces mesures, les femmes restent les grandes perdantes de cette réforme quoi qu’en dise le Premier ministre. La CGT exige la mise en place immédiate de l’égalité salariale entre les hommes et les femmes telle que la loi le prévoit déjà.
Ajoutons à cela, la tentative de recycler des mesures déjà existantes (minimum de pension à 85% du Smic (soit 1000 euros), pension de réversion, allocation vieillesse des parents au foyer,…) comme des avancées sociales.
Le Premier ministre avait prévenu qu’il n’y aurait pas d’annonces magiques, le contenu de sa prise de parole le confirme.
Il y a donc nécessité à amplifier et élargir le rapport de force et ce, dès jeudi 12 décembre et mardi 17 décembre 2019.

Le 11 décembre 2019

Les réactions des centrales syndicales

« Le gouvernement s’est moqué du monde (…) Tout le monde va travailler plus longtemps, c’est inacceptable », a réagi Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Dans un communiqué (voir ci-dessus), la CGT pour qui avec ce projet nous sommes « toutes et toutes perdants » et « la jeunesse sacrifiée » ajoute : « le gouvernement reste sourd aux exigences exprimées par les millions de salariés, jeunes, retraités, privés d'emploi, mobilisés massivement depuis des semaines et soutenus majoritairement par l'opinion publique.».
Cela « ne peut que confirmer la nécessité de renforcer la mobilisation », a abondé Force Ouvrière qui voit dans le recul du gouvernement sur l'application de la réforme (de la génération 1963 à 1975) « une conséquence de la mobilisation exceptionnelle » engagée le 5 décembre.
François Hommeril, président de la CFE-CGC juge lui aussi la « réforme de plus en plus dangereuse. »
La CFDT elle-même, pourtant favorable à un système à points, considère que la ligne rouge est franchie. « Il y avait une ligne rouge dans cette réforme, c’était le fait de ne pas mélanger la nécessité d’une réforme systémique (…) et la réforme paramétrique qui demanderait aux travailleurs de travailler plus longtemps, cette ligne rouge est franchie », a réagi Laurent Berger à l'issue de l'allocution du Premier ministre.


Projet de loi sur les retraites : décryptage CGT des propositions d'Édouard Philippe

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11.12.19 Premiers éléments de décryptage
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12.12.19 - Note aux orga- Seconds élémen
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La retraite en danger, toutes et tous concernés !

 À quel âge vais-je pouvoir prendre ma retraite ? Avec combien ? Voici les questions que tout le monde se pose et auxquelles il faut apporter des réponses concrètes. Nous avons un des meilleurs systèmes de retraite au monde, si ce n’est le meilleur. Pourtant, le président de la République a décidé, par idéologie pure, de l’anéantir. Au nom du marché, on remet en cause le principe de solidarité qui fait la force de la protection sociale en France. Tout ce qui touche aux questions sociales, ou à la santé, est désormais considéré comme une dépense qu’il faut réduire.

 

Le projet présenté vise à nous faire travailler plus longtemps, avec une pension aléatoire en fonction d’une valeur de point fluctuante. C’est une gestion individualisée des retraites visant à opposer les professions entre elles. Au contraire, la CGT considère que la protection sociale, la retraite, la santé, sont des investissements qu’il faut développer. Ils sont les symboles d’un pays moderne qui protège ses citoyens de la maladie et de la misère, car si nous considérons que notre système actuel doit évoluer, il n’est pas nécessaire d’en changer les fondements. Certains sujets ont peu de liens avec la question des retraites. Ainsi, pour réduire les inégalités de pensions entre les hommes et les femmes, il faudrait d’abord que ces dernières soient payées comme les hommes durant leur activité. À ce jour, et malgré de nombreuses déclarations présidentielles, cet écart n’est pas réduit faute de mesures contraignantes pour les entreprises, notamment les plus grandes.

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Les agents de la fonction publique grands perdants de la réforme !

Les fonctionnaires ne sont pas privilégiés, le montant moyen de leur retraite est le même que celui des salariés, à qualification égale. Rien ne justifie cette réforme démagogique à leur détriment. Sur 4 points précis, les fonctionnaires ont tout à craindre de cette réforme :
  1. Le calcul sur les 6 derniers mois est fondé sur la grille de carrière linéaire des fonctionnaires. L’intégration des primes ne compensera pas la sous-rémunération du début de carrière, parfois sous le SMIC en catégorie C.
  2. Les catégories actives. Le gouvernement entend supprimer les 5 ans de départ anticipé aux agents qui ne portent pas l’uniforme, et dont le métier peut être exercé dans le privé : aides-soignantes, agents d’exploitation des travaux publics… Le compte personnel de prévention du privé, avec deux ans au maximum de départ anticipé, serait étendu à la Fonction publique, au nom du principe « travail égal, retraite égale ».
  3. En totale contradiction avec ce principe, l’intégration des primes dans le calcul du montant de la retraite accroît les inégalités entre les fonctionnaires faisant le même travail, et entre les employeurs publics (collectivités locales, établissements publics, ministères). Elle n’est pas l’intégration dans le salaire indiciaire, car les employeurs pourront privilégier l’augmentation des primes à la place du point d’indice. C’est ce que fait le gouvernement aujourd’hui.
  4. La pension de réversion des fonctionnaires est aujourd’hui sans condition d’âge et de plafond de ressources. La réforme veut introduire une condition d’âge et un plafond de ressources, qui va largement léser les veuves et veufs.

Depuis déjà plusieurs mois, la CGT alerte sur les dangers de la réforme des retraites

Alors que le projet de loi sur la réforme des retraites sera présenté cet été au Parlement et que la cacophonie gouvernementale règne, la CGT, face au nouveau système de calcul qui glisse rapidement et sûrement vers la contribution propose d’améliorer les droits de tous les régimes. Jusque-là, le Gouvernement avance des objectifs attrayants en promettant un nouveau système de retraite plus simple et plus juste mais élude tous les sujets essentiels tel que le niveau de pension et l’âge de départ à la retraite. La CGT s’oppose à une réforme du système qui passerait du principe de solidarité et de la juste répartition à celui de la capitalisation. Notre retraite n’est pas un jeu de hasard. Le taux de pension ne peut être pensé comme une loterie !