Société

Sauvetage en mer : ce n’est pas un crime mais un devoir !

La CGT appelle à une large solidarité pour stopper la politique meurtrière menée contre les personnes en situation de migration. La mobilisation d’une centaine d’organisations dont la CGT pour « la Capitaine courage », en France comme en Europe, n’a pas été vaine puisque Carola Rackete a été libérée par la justice italienne. Cette libération est une cinglante déconvenue pour Salvini et sa politique. Malgré tout, elle reste, avec sa consœur Pia Klemp et 10 autres membres d’équipages, poursuivie pour « complicité à l’immigration illégale ». Pia dont le procès a débuté le 12 juin dernier encourt 20 ans de prison et 15 euros d’amende par vie humaine sauvée.  À la CGT, nous sommes indignés et n’acceptons pas cette criminalisation et ce harcèlement judiciaire que subissent les ONG qui sauvent des vies en Méditerranée. La CGT exige l’arrêt des poursuites des militantes et militants qui prennent des risques pour sauver des vies humaines. La CGT continuera d’exiger des autorités françaises et européennes d’assumer leurs responsabilités, telles qu’elles sont inscrites dans le droit international, de cesser de coopérer avec des milices libyennes qui ne cessent de mettre en danger de mort des enfants, des femmes et des hommes. Le combat et les luttes pour les droits des migrant-e-s doivent se poursuivre et s’amplifier.


Le théâtre Toursky entre en résistance ! Vers la grève de la faim...

Le Thééâtre Toursky entre en résistance active contre la politique culturelle de la Ville de Marseille qui, au lieu de soutenir davantage le Toursky comme Monsieur Gaudin l’avait publiquement annoncé , ne cesse depuis de réduire de façon drastique et assassine le montant de la subvention allouée au théâtre.



Les riches coûtent "un pognon de dingue"

La sociologue Monique Pinçon- Charlot et le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, ont évoqué le pillage de l’État par les riches. Suppression de l’ISF, reconduction du CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi), baisse de l’impôt sur les sociétés, création de la flat tax... les cadeaux fiscaux offerts par Emmanuel Macron aux plus riches s’élèvent à des milliards d’euros. Ce sont bien les riches qui coûtent « un pognon de dingue » à l’État. « Avec Emmanuel Macron, on est passé à une dimension qui n’a plus rien à voir avec Nicolas Sarkozy et son bouclier fiscal d’un million d’euros. Là, ce sont 50 milliards d’euros donnés sans condition aux plus riches », rappelle Monique Pinçon-Charlot, qui vient de publier avec Michel Pinçon "Le Président des ultras-riches". La sociologue dresse en filigrane le portrait d’un pouvoir au service de la bourgeoisie.

« Une classe de prédateurs »

Pour rappel, l’Assemblée nationale est constituée de 0,2 % d’ouvriers alors qu’ils représentent 20 % de la société, tandis que les cadres et les professions intellectuelles supérieures représentent 76 % des députés, contre 18% de la population active. Sur 32 ministres et secrétaires d’État, 15 sont millionnaires. La ministre du Travail Muriel Pénicaud détient le patrimoine le plus élevé avec notamment 5,9 millions d’euros de valeurs immobilières. « Avec ce pouvoir-là, l’État est pillé “par tous les bouts” par la classe oligarchique. Il faut rappeler que Muriel Pénicaud a fait en une journée 1,7 million de plus-value grâce à la montée des actions de Danone, alors qu’elle venait d’annoncer un plan social. Ce pouvoir défend les intérêts de l’oligarchie », témoigne Monique Pinçon-Charlot.



Se mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias !

Acrimed lance avec des associations, des organisations de journalistes, des médias, des syndicats et des organisations politiques une déclaration commune pour se « mobiliser pour une réappropriation démocratique des médias ». Cette déclaration, à diffuser et à signer largement, est une première étape dans la construction d’une mobilisation et d’initiatives communes pour transformer les médias (18/02/2019).

 

Pour une réappropriation démocratique des médias

Depuis plusieurs semaines, le mouvement des gilets jaunes bouleverse l’agenda politique, et porte une remise en cause profonde des institutions. Les médias sont tout particulièrement visés. Les gilets jaunes dénoncent, à juste titre bien souvent, un traitement caricatural des mobilisations : surenchère sécuritaire sur les plateaux télévisés et dans certains quotidiens ; confiscation de la parole par les éditorialistes ; disqualification de certaines revendications jugées « irréalistes » et appels à « dialoguer » avec le gouvernement ; ou encore dénonciations des violences des manifestants – alors que les violences policières ont été pendant trop longtemps passées sous silence (...)

Parmi les premiers signataires :

Attac, Info’Com-CGT , SUD-AFP, Syndicat National des Journalistes CGT, Union syndicale Solidaires, Le Ravi, Les Amis du Monde diplomatique, Là-bas si j’y suis, Média Citoyens PACA, Alternative libertaire (AL), Ensemble, Gauche démocratique et sociale, Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Parti communiste français (PCF), Parti de gauche (PG), etc.



Les immenses profits des labos pharmaceutiques !

Influence, opacité, prix exorbitants de certains médicaments, liaisons dangereuses avec les députés et les médecins… À travers des données inédites, des enquêtes et des reportages, les « Pharma Papers » mettent en lumière tout ce que les labos pharmaceutiques préféreraient que les patients et les citoyens ne sachent pas : les immenses profits qu’ils amassent chaque année aux dépens de la sécurité sociale et des budgets publics en instrumentalisant médecins et décideurs. Le site est un projet de "Basta!" et de "l'Observatoire des multinationales".



Manifeste : « Pour une Marseille vivante, ouverte et populaire »

Le drame de la rue d’Aubagne a mis à nu la brutalité de toute une politique. À Marseille, la ville se fait sans les habitant.e.s. Et même contre eux. Et ça ne peut plus durer. Le 5 novembre 2018, l’incompétence, le mépris et les magouilles ont tué Ouloumé, Fabien, Simona, Pape Maguette, Marie-Emmanuelle, Chérif, Taher et Julien. Zineb, tuée par une grenade lacrymogène le 1er décembre, en est aussi une victime.  Les taudis, les écoles délabrées, les équipements et services inexistants, les transports publics indignes de la « deuxième ville de France », les cités des quartiers Nord laissées à la dérive (Maison-Blanche, Air-Bel, Kalliste, parc Corot...) : la politique du pourrissement, nous en avons assez. Assez, également, de la braderie du patrimoine et de l’espace public aux promoteurs, multinationales et fonds de pension (hauts de Sainte-Marthe, la Savine, les Feuillants, Corderie, Hôtel-Dieu...). Assez des millions investis pour les croisiéristes, assez des millions gaspillés pour fabriquer une ville qui n’existe pas, une ville falsifiée, quand la ville réelle est en train de crever.

 

Pour la mairie, une ville populaire est un problème. Pour nous, c’est la solution. C’est l’espace historique où se tissent les solidarités qui tiennent Marseille debout.

 

Nous voulons :

  • La réquisition de logements vides pour y installer les sinistrés de Noailles, les évacués, les sans-­domicile et les mineurs isolés.
  • Un programme de lutte contre l’habitat indigne qui ne serve pas de prétexte à l’éviction des pauvres du centre et des quartiers.
  • L’interdiction de toute spéculation immobilière là où sont morts nos amis, voisins et parents.
  • Des centres sociaux, des crèches et un financement non clientéliste des associations dans tous les quartiers.
  • Le lancement d’un vaste programme public de rénovation et de reconstruction des écoles.
  • Une rénovation qui réponde aux besoins de la population et respecte les activités et usages existants. Arrêt des chantiers inutiles et autres projets-vitrine comme sur la Plaine.
  • Le maintien des marchés populaires et des commerces de proximité. La fin de la prolifération de centres commerciaux et autres attrape-touristes.
  • L’annulation des partenariats public-privé, ces contrats ruineux pour la ville et les contribuables.
  • Des transports en commun gratuits, pour en finir avec le tout-voiture et la ségrégation territoriale.
  • La fin de l’arrachage compulsif de nos arbres (Luminy, parc Lévy, Longchamp, la Plaine, îlot Chanterelle, jardin des Vestiges...).
  • Que toute opération d’urbanisme commence par de véritables concertations publiques, et non des simulacres : les habitant.e.s de Marseille doivent avoir le dernier mot.
Les signataires : Assemblée de la Plaine, Association Arte Chavalo, Association des Auteurs-Réalisateurs du Sud-Est, Association des usagers des bibliothèques de Marseille, CNT 13, Collectif 5 novembre - Noailles en colère, Collectif B-Vice La Savine, Collectif des Crottes - On se laisse pas faire, Collectif des écoles de Marseille, Collectif d’habitants des Bourrély, Collectif d’habitants de Maison Blanche, Collectif d’habitants d’Air-Bel, Collectif d’habitants du Plan-d’Aou, Collectif d’habitants Busserine-Picon, Collectif d’habitants du Petit-Séminaire, Collectif Grand rattrapage, Collectif  Marseille en colère, Coordination de la Marche mondiale des femmes 13 Paca, Coordination Pas sans nous 13, Droit au logement 13, Emmaüs Pointe-Rouge, Front uni des immigrations et des quartiers populaires 13, FSU 13, Groupe de veille Busserine-Picon-Saint-Barthélémy, Ligue des droits de l’homme (LDH) Marseille, Les Amoureux au ban public 13, Les MacDonald’s de Saint-Barthélémy, Mille Bâbords, MutVitz 13, Primitivi, Réseau éducation sans frontières 13, Rouges Vifs, Solidaires 13, Sud-CT 13, Syndicat des quartiers populaires de Marseille, Un Centre-ville pour tous, UD-CGT 13, UL-CGT Marseille centre, Université populaire de Marseille.

Ce manifeste a pour vocation de porter haut et fort la voix des quartiers, associations et autres collectifs marseillais. Il reste bien sûr ouvert à de nouvelles signatures.

« les questions sociales sont sorties de l'entreprise »

Interview de Michel Wieviorka, sociologue, dans la NVO

Dans le cadre d’une grande enquête sur la mouvement social des gilets jaunes que nous publions dans le magazine NVO de janvier 2019, nous avons interrogé 
 Michel Wieviorka, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et directeur du Centre d'analyse et d'intervention sociologiques (CADIS). Il est l’auteur de plusieurs articles et a participé à nombre d’émissions durant ce mouvement social. Il nous en livre une analyse et évoque le rapport paradoxal de ce mouvement social avec le syndicalisme.



Les croisières méditerranéennes de Bernard Lavilliers

« C’est très simple, je chante ce que je ressens. J’ai fait une chanson, "Croisières méditerranéennes", celles qu’on voit partir du port de Marseille, où j’ai chanté souvent. Ce sont des paquebots impressionnants de quinze ou vingt étages de haut, qui étaient sur les mêmes lignes de nage que les Zodiac pourris chargés de réfugiés. J’ai imaginé que ces paquebots de croisière tout blancs aux prix spéciaux pour les couples qui partent visiter les îles grecques ou italiennes ont pu croiser sur leur route des naufragés de l’exil. Le titre "Croisières méditerranéennes" est ironique, parce que ceux dont je parle ne sont pas sur les croisières Costa. Je suis associé à SOS Méditerranée, que je soutiens depuis le début. Parmi mes nouvelles chansons, elle est celle qui résonne le plus en ce moment. Je chante ce thème d’une voix assez douce, un peu comme un crooner. Ce qui enlève le côté pathos de ce que je raconte. Les mecs qui sont derrière des barbelés du côté des pays des Balkans pensaient peut-être que l’Europe serait plus accueillante. On parle d’eux comme de migrants en laissant croire qu’ils vont nous envahir. Pour moi, ce sont des réfugiés ou des exilés non volontaires. »

[Extrait de l'interview de Bernard Lavilliers au journal L'Humanité.]


Grèce : rendez-vous aux abattoirs

Manif à Athènes le 24 juin 2018

*Au sujet du titre « Rendez-vous aux abattoirs » Mikis salue Tsipras par une phrase d’Aris Velouchiotis, le grand Kapetanios de la résistance grecque.
Source : "Arrêt sur info"

Par Mikis Thédorakis (Décembre 2016)

 

Camarade Alexis, je te tire mon chapeau, parce que tu es un gros dur. Le plus gros des durs depuis 450 av. J.C. jusqu’à nos jours en Grèce. Parce que tu fais tout ce que tu veux sans tenir compte de quiconque. Tu prends ton avion personnel, tu le remplis d’amis et d’amies, tu pars à Cuba et tu laisses l’addition de 300.000 dollars à payer par les gugusses qui gagnent 300 € par mois dans le meilleur des cas. Tu fais tout ce qui te plaît.

Tu parles sur la Place de la Révolution où parlait Fidel, comme un révolutionnaire pur et dur. Tu te dresses de toute ta superbe contre le Capitalisme-Impérialisme. Tu te goinfres (600 euros pour un repas payé par le Ministre des Affaires Étrangères, donc par tes lèche-bottes).

Tu t’amuses, tu fais la fête, alors que les gugusses de Grecs font la queue pour retirer leur retraite, payer électricité, banques, hôpital et surtout austérité sur austérité.

Tu te la joues révolutionnaire et quand tu reviens, tu redeviens ce que tu étais, un gamin qui court pour exaucer tous les caprices de Merkel, d’Obama et de Juncker, que tu fustigeais de Cuba – et ça retombe à nouveau sur le dos du peuple grec si intelligent, parce que c’est lui qui a décidé d’être gouverné par des gens sans supporters et sans honneur, qui font joujou au gouvernement. Rendez-vous aux abattoirs *



Lectures

"Le capitalisme expliqué à ma petite-fille" de Jean Ziegler

Aujourd’hui, le capitalisme domine le monde. Progrès éblouissants, puissance créatrice, vitalité stupéfiante, la planète croule sous les richesses mais jamais les inégalités n’ont été aussi violentes, jamais l’environnement n’a été aussi saccagé, jamais aussi peu d’hommes n’ont confisqué autant de richesses au détriment de la majorité… Tout ça, nous le savons, tout ça, nous le voyons. Alors que faire ? Réforme ou révolution ? Lutter pour un capitalisme à visage humain ou faire exploser cet ordre cannibale ? Jean Ziegler le répète : « j’appartiens au camp des ennemis du capitalisme. Je le combats. » Peu d’hommes sont aussi clairs aujourd’hui, aussi déterminés. Il explique pourquoi à sa petite-fille Zohra, en espérant qu’elle en verra la fin (Là-bas si j'y suis).

 

Le Seuil - 128 pages / 9.00 € TTC (EAN 9782021397222).



À l'affiche au cinéma...

J'veux du soleil

Comme en une hasardeuse chasse aux papillons, Gilles Perret et François Ruffin sont partis pour un road-movie dans la France d’aujourd’hui. En guise de filet, une caméra, pour capturer cet instant, magique, pour saisir sur le vif les visages et les voix des Corinne, des Carine, des Khaled, des Rémi, des Denis, des Cindy, des Marie.



"Libre" documentaire de Michel Toesca (le combat de Cédric Herrou)

Libre est un film documentaire réalisé par Michel Toesca sorti en 2018, il est consacré au combat de Cédric Herrou pour l'accueil et la protection de migrants dans la vallée de la Roya. Le documentaire avait pour nom À tous vents avant d'être rebaptisé Libre. Au printemps 2015 alors qu'il habite à Saorge, village de la vallée de la Roya, Michel Toesca commence à recueillir des images de migrants débarqués à Vintimille, ville italienne en aval de la vallée, sans alors avoir de projet de film en tête. Pendant plus de 2 ans il suit le parcours de migrants voulant passer la frontière ainsi que de citoyens leur venant en aide notamment Cédric Herrou, un agriculteur qui a été arrêté puis inquiété par la justice pour son aide apportée aux exilés.



En guerre

C’est un film d’action. Un film d’action collective, même. Peut-être faut-il commencer par là pour appréhender En guerre, le nouveau film de Stéphane Brizé, en compétition au Festival de Cannes, qui sort sur les écrans aujourd’hui. Car le pire serait qu’il soit reçu comme un film à charge ou à thèse. Ce qu’il n’est pas. Pas de tendres victimes ou de méchants bourreaux cyniques. Le récit évite toute vision manichéenne et préfère un vrai face à face nourri par une volonté farouche de comprendre ce qui mène des salariés au débordement, à la violence, soudaine et furtive, qui éclate dans des reportages télé. Les images de salariés en colère, en grève ou en pleine manifestation sur fond de fermeture d’usine sont devenues courantes dans le paysage médiatico-économique ces dernières années. Ici, Perrin Industrie, une entreprise de métallurgie, annonce sa fermeture alors qu’elle fait encore des bénéfices, qu’elle a empoché des aides d’État en vue de développer l'emploi et que les salariés ont accepté de travailler 40 heures hebdomadaires payées 35 pour garder leur job. Ce scénario est un classique de l’action syndicale. Ses détails sont pourtant moins connus du grand public. Stéphane Brizé se saisit de cette parole non tenue, argument dramatique classique par excellence, pour dérouler une trame narrative menée tambour battant. Les salariés ont quatre mois pour mener la bataille et tenter de s’opposer à la délocalisation du site, jugé trop peu rentable par les actionnaires. Une injustice contre laquelle l'État lui-même ne peut rien… (Extrait de l'article de la NVO).



Visiter le camp des Milles

Seul grand camp français d'internement et de déportation encore intact et accessible au public, le Camp des Milles abrite aujourd'hui un important musée historique, tourné vers l'Éducation et la Culture. S'appuyant sur l'histoire du lieu, son action est destinée à renforcer la vigilance et la responsabilité de chacun, face aux racismes, à l'antisémitisme et à tous les fanatismes.

  •  Le volet Historique - connaître l'histoire des internements et des déportations des Milles vers Auschwitz (1939-1942)
  • Le volet Mémoriel - découvrir un camp quasiment intact qui fut un " Vel d'Hiv du Sud " sous autorité française
  • Le volet Réflexif - inédit sur un lieu de mémoire : des clés de compréhension pluridisciplinaires sur les mécanismes humains qui peuvent mener au génocide.