L'actualité (2)


Le gouvernement décide de ficher les opinions politiques et syndicales

 Le gouvernement a décidé de trois nouveaux décrets qui étendent le champ des fichiers des services de renseignements aux opinions politiques, syndicales, religieuses ou aux antécédents psychiatriques et psychologiques. Une dérive qui s'inscrit dans la suite de la proposition de loi sur la "sécurité globale" votée à l'Assemblée nationale, laquelle suscite une forte mobilisation des défenseurs du droit et des libertés. Ficher les opinions politiques, les appartenances syndicales, les antécédents psychiatriques et psychologiques… : c'est bien en France qu'une telle décision vient d'être prise. Vendredi 4 décembre, le gouvernement a étendu, avec trois décrets, le champ de plusieurs fichiers des services de renseignement. Il s'agit du fichier dit de "prévention des atteintes à la sécurité publique" (PASP) utilisé par le renseignement territorial, de celui dit de "gestion de l'information et prévention des atteintes à la sécurité publique" (GIPASP) et de celui dit des "enquêtes administratives liées à la sécurité publique" (EASO).


Une victoire pour les luttes. Élections aux CA du Groupe SNCF : 37,35 % pour la CGT en nette augmentation !

Les cheminots et les salariés des filiales étaient appelés à voter du 4 au 10 décembre afin d’élire leurs représentants et représentantes aux CA des Sociétés Anonymes composant désormais le Groupe Public Unifié. La CGT progresse de 2,05 % à la SNCF et ses filiales et dans tous les scrutins.

À l’heure où Gouvernement et direction du Groupe SNCF poussent les feux de la concurrence, souhaitent imposer le chômage partiel comme perspective, gèlent les salaires, cassent l’outil de production et les emplois, ces élections démontrent par le résultat du vote en faveur de la CGT, que les cheminot·e·s et salarié·e·s des filiales, sont disponibles pour lutter pour le développement du service public et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, quelle que soit l’entreprise.

En nombre de voix, la CGT reste la première organisation syndicale cheminote avec 37,35 % des suffrages exprimés. Nettement devant l’UNSA (21,88 %), Sud-Rail (17,48 %) et la CFDT (13,32 %) qui n’obtient aucun siège dans aucun des conseils d’administration. Loin derrière, et toujours sans siège, viennent ensuite Force ouvrière (5,49 %), la CFE-CGC (3,71 %), puis le syndicat chrétien CFTC (0,72 %).


La mobilisation s’amplifie contre la loi sur la « sécurité globale »

Journalistes indépendants, syndicats, associations de défense des libertés publiques dénoncent des mesures liberticides, portant notamment atteinte à la liberté d’informer. La Défenseure des droits critique sévèrement le texte. À peine arrivée à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, la proposition de loi sur la « sécurité globale » a déjà réussi à provoquer une large mobilisation de journalistes indépendants, de syndicats, et d’associations de défense des droits humains. Les inquiétudes portent sur plusieurs articles de ce texte régressif, actuellement discuté par les députés en commission, avant son examen en séance publique à partir du 17 novembre. [L'Humanité].



Le traité sur l'interdiction des armes nucléaires est entré en vigueur le 24 octobre !

Ce 24 octobre 2020, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) vient de franchir une nouvelle étape permettant son entrée en vigueur en 2021. Désormais, selon le droit international, les armes nucléaires sont illégales. Enfin, les armes les plus inhumaines et destructrices — soixante quinze années après leur première utilisation sur des populations civiles et après plus de deux milles détonations dans le cadre d’expériences (dont 210 par la France) — sont totalement interdites par un traité créé à l’initiative d’une vaste majorité d’États dans l’enceinte des Nations unies ; preuve que le multilatéralisme fonctionne.

Ainsi, en 2021, nous débuterons une nouvelle décennie ou les armes nucléaires seront illégales au regard du droit international. Il était anormal que les armes nucléaires soient les seules armes de destruction massive non-interdites, alors que c’est le cas pour les armes chimiques et biologiques. Ce traité corrige cette anomalie et va montrer le véritable visage de cette arme.

Malgré les dernières tentatives de pression des États nucléaires, de la France notamment, ce traité va fonctionner pour engager le désarmement nucléaire, renforcer la lutte contre la prolifération nucléaire, prendre en compte l’environnement pollué par les essais nucléaires et assurer aux populations victimes de ces essais une assistance sanitaire. [article ICAN]


"Forfait urgences" : un nouvel obstacle à l'accès aux soins

La CGT lance une pétition contre la mise en place d’un forfait payant pour les passages aux urgences sans hospitalisation. Cette disposition marque un nouveau recul pour l’accès au droit à la santé dans un contexte de crise sanitaire et d’explosion de la pauvreté. Alors que toute notre attention est fixée sur la capacité de notre système de santé à absorber le choc de l’épidémie de coronavirus, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale de 2021(PLFSS), présenté début octobre, prévoit plus de 800 millions d’euros d'économie sur l’hôpital.

Une mesure punitive

Parmi les mesures préconisées, le gouvernement envisage, sans concertation, la création d’une « participation », au «montant forfaitaire » pour chaque passage aux urgences dès lors que celui-ci ne serait pas suivi d'une hospitalisation. Ce forfait, à peine détaillé dans le PLFSS 2021, devrait impacter 80% des patients qui passent par les urgences. Il remplacera l’actuel ticket modérateur laissant à la charge du patient 20 % du coût de ses soins qui seront pris en charge par la complémentaire de santé… enfin pour ceux qui en ont une.

Double peine

Pour les 5% de français qui n'ont pas de complémentaire santé (soit plus de 3 millions de français), cette décision risque d’aggraver un peu plus le renoncement aux soins. Compensant souvent les insuffisances de la médecine de ville, les urgences hospitalières étaient, jusqu’alors, la garantie d’être soigné quelques soient ses moyens. Cette disposition crée un nouvel obstacle à l’accès aux soins et rogne un peu plus sur le principe de solidarité de la Sécurité sociale.

Mauvaise réponse à un vrai problème

Mais les malades ne peuvent être rendus responsables du manque de médecins de ville ou de recours possibles à des soins de proximité qui les obligent à se rendre dans les services d’urgence. C’est pourquoi, pour la CGT « le gouvernement doit renoncer à ce projet scandaleux ». C’est dans ce sens que la CGT a lancé une pétition contre la mise en place du “forfait urgences” à faire signer et à partager avec les salariés et les usagers.


Réforme des retraites : le Gouvernement s'obstine

Ce rapport risque donc fort de ressembler en pire au précédent : recul de l’âge de départ, baisse du pouvoir d’achat relatif des retraités par rapport aux actifs…

Adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale et suspendue mi-mars en raison de la pandémie, la réforme des retraites refait surface. Le Gouvernement s'apprête à poursuivre la réforme des retraites, suspendue à la mi-mars en raison de la crise sanitaire et adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale en dépit de forte mobilisation sociale.

Dans un courrier adressé au président du COR (Conseil d'orientation des retraites), le Premier ministre Jean Castex confirme que l’objectif d’une réforme systémique, destinée à mettre en place « un régime universel » est à l’agenda du nouveau Gouvernement. Il vient d'ailleurs de commander aux experts du COR un nouveau rapport en vue de poursuivre la réforme. Dans ce contexte de crise sanitaire et économique, ce rapport est lourd de menaces pour notre système de retraite par répartition.

De fait, le Premier ministre invite les experts à revoir leurs projections concernant la productivité du travail, à intégrer les augmentations récentes accordées aux fonctionnaires hospitaliers et à se baser sur les dernières prévisions de croissance du Gouvernement.


Selon l'INSEE, en 2018, le salaire net moyen baisse de 0,9 % en euros constants

En 2018, un salarié de la fonction publique territoriale (FPT) perçoit en moyenne 1 963 euros nets par mois en équivalent temps plein ; cette moyenne prend en compte tous les agents civils des collectivités territoriales, tous emplois et catégories confondus, qu’ils soient fonctionnaires ou non. Ce salaire net moyen augmente de 1,0 % sur un an en euros courants. Avec le regain de l’inflation, il se replie de 0,9 % en euros constants, après quatre années consécutives de hausse.

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Pouvoir d’achat des fonctionnaires : le monde d’après ressemble au monde d’avant

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Dans un contexte inédit de crise sanitaire et économique, lors du rendez-vous salarial du 24 juillet 2020, la CGT a porté des revendications de haut niveau pour qu’un changement visible et conséquent soit gagné par la hausse immédiate du point d’indice, une revalorisation des grilles indiciaires et l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes. Après dix ans de quasi gel du point d’indice, aux attentes des agents publics la ministre a, à nouveau, opposé le gel du point d’indice et une multitude de mesures catégorielles. Elle a présenté, pour l’essentiel, des sujets déjà engagés comme le Ségur de la santé, les suites du PPCR et de la loi de Transformation de la Fonction publique, l’indemnité de fin de contrat, et l’ouverture d’une concertation sur la protection sociale complémentaire dans l’État.

 

Les petites avancées du jour sont :

  • Une compensation « dynamique et pérenne » de la hausse de la CSG ;
  • La reconduction pour 2 ans de la GIPA (2020 et 2021) ;
  • Des mesures d’action sociale pour la FPE ;
  • Des mesures d’attractivité sous forme de prime spécifique dans certaines affectations ;
  • La revalorisation de l’indemnité pour fonctions itinérantes de la filière médico-sociale des collectivités locales ;
  • Des mesures de rapprochement des primes dans les administrations territoriales de l’État (DDI, région parisienne) ;
  • Examiner les filières les moins primées essentiellement féminisées comme la filière socio-éducative du ministère de la justice ou la filière des bibliothèques.

 À la demande de la CGT, la ministre s’est engagée à regarder les conséquences du Ségur de la santé dans les 2 autres versants de la fonction publique et tout particulièrement pour les EPHAD de la territoriale. Aucune mesure de passage en A type de la filière sociale n’est prévue dans les 3 versants au seul profit de mesures sur les primes. Pour résumer un rendez-vous déprime pour un rendez des primes !